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La génèse
du BRS,

du Community Land Trust aux OFS

Au commencement du BRS se trouve un concept venu des États-Unis : le Community Land Trust (CLT). Dans un contexte de flambée des prix immobiliers et d’exclusion des ménages modestes, ce modèle a inspiré, des décennies plus tard, l’émergence en France des Organismes de Foncier Solidaire (OFS) et de leur fameux BRS. Mais comment est-on passé d’une idée américaine portée par des communautés locales à un dispositif réglementé par la loi française ?

Les Community Land Trust :
la dissociation foncier-bâti en héritage

Pour comprendre le BRS, cap sur les années 1960-1970 aux États-Unis. Dans un contexte de luttes pour les droits civiques, quelques pionniers conçoivent un mécanisme foncier collectif permettant aux habitants d’accéder à la propriété du bâti, tout en laissant la maîtrise du terrain à une organisation à but non lucratif (le fameux land trust). L’idée : dissocier la valeur du sol de celle du logement pour freiner la spéculation et promouvoir l’accession sociale à la propriété.

  • Principe clé : la terre reste propriété d’une entité à but non lucratif, tandis que les familles n’achètent que le bâti.
  • Un modèle collectif : le Community Land Trust (CLT) s’appuie sur une gouvernance tripartite (habitants, représentants de la communauté locale et partenaires).
  • Une vocation sociale : garantir une stabilité des prix et éviter que les propriétaires ne réalisent des plus-values exorbitantes lors de la revente. Le foncier est soustrait à la spéculation, ce qui rend le prix du logement plus stable sur le long terme.

Ce laboratoire social rencontre un écho grandissant au fil des décennies aux États-Unis. La crise des subprimes de 2008 lui permet de gagner encore en visibilité internationale à travers l’impressionnante résilience de villes comme Burlington, au Vermont, où fut mis en œuvre le premier Community Land Trusts urbain. Dès lors, la question se pose : peut-on transposer ce modèle outre-Atlantique ?

Une importation progressive en France : entre idées et expérimentations

En France, la pression immobilière croît dans les grandes métropoles au tournant des années 2000. À Lyon, Lille ou encore Paris, des associations et des coopératives HLM s’intéressent à cette dissociation foncier-bâti pour lutter contre la spéculation. Plusieurs acteurs majeurs du logement se mettent autour de la table.

  • La Fédération des coopératives et offices HLM : spécialistes de l’accession sociale et de la gestion locative.
  • Les associations de défense du logement : désireuses de trouver des solutions inclusives.
  • Des femmes et hommes politiques, nationaux et locaux : à l’écoute d’innovations capables de stabiliser les prix et de favoriser la mixité urbaine.
Petit à petit, la question de « comment transposer l’expérience CLT ? » prend de l’ampleur. On se demande si l’esprit communautaire américain, au cœur du modèle CLT, peut s’intégrer dans un cadre juridique et institutionnel français. De nouvelles voix émergent à l’Assemblée nationale, conscientes de l’enjeu majeur que représente la sécurisation foncière pour des ménages aux ressources limitées.

La transposition française :
de la Loi ALUR au BRS (Bail Réel Solidaire)

Le climat politique du début des années 2010 va permettre à toute une génération d’acteurs de s’emparer du sujet. À l’occasion des discussions autour de la loi ALUR (2014), des représentants de la Fédération nationale des coopératives HLM, mais aussi des métropoles de Strasbourg, Rennes, Grenoble et Lille, mutualisent leurs réflexions avec les services de l’administration centrale du ministère du Logement. L’objectif : inventer en France un instrument capable de dissocier durablement le foncier du bâti.

C’est dans ce contexte favorable qu’un amendement pour la création des Organismes de Foncier Solidaire (OFS) voit le jour. L’article 164 de la Loi ALUR l’introduit désormais dans le code de l’urbanisme. « C’était l’époque Duflot, Linkenheld, Cosse. Des femmes plutôt jeunes, plutôt à l’écoute… Et comme Audrey Linkenheld était rapporteure de la loi, on lui a filé le bazar et elle a accepté de le porter », témoigne une chargée de mission habitat à la Métropole de Lyon.1

L’adoption de l’OFS dans le code de l’urbanisme marque donc la première concrétisation de ce travail d’équipe. Restait à lui donner un outil juridique opérationnel : ce sera le Bail Réel Solidaire (BRS). En 2015, la “loi Macron” (loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques) offre une fenêtre pour rédiger l’ordonnance permettant de définir précisément les modalités du BRS. C’est ainsi qu’en juillet 2016, Emmanuelle Cosse, alors ministre du Logement et de l’Habitat durable, présente officiellement le dispositif qui va changer la donne.

Principaux axes du Bail Réel Solidaire

  1. Dissociation pérenne : l’OFS reste propriétaire du foncier, tandis que le ménage acquiert les droits réels sur le logement, moyennant le coût du bâti et une redevance modique.
  2. Renouvellement de la durée du bail : à chaque cession, la durée repart de zéro, évitant la décote progressive qui s’applique aux baux classiques à mesure que l’on approche de l’échéance finale.
  3. Plafonnement de la revente : en contrepartie de l’effort consenti sur le foncier, la valeur de revente du bâti est encadrée, garantissant aux nouveaux acquéreurs des prix abordables.
  4. Orientation sociale : réservé aux ménages modestes (sous plafonds de ressources), le BRS vise à permettre l’accession à la propriété sans exclusion.
FAvicon CoopFonciere

Vous souhaitez en savoir plus sur le BRS ?

Grâce au couple OFS/BRS, la France se dote alors d’un nouvel outil pour construire un parc d’accession sociale à la propriété, à l’abri des logiques spéculatives. De grandes métropoles comme Lille, Lyon, Rennes ou encore Paris y voient un moyen de maintenir les ménages modestes au cœur des villes.

La création de La Coop Foncière :
premier OFS d’Île-de-France

Forte de cet élan national, La Coop Foncière voit le jour pour devenir le premier Organisme de Foncier Solidaire d’Île-de-France. Elle concrétise sur le terrain les principes fondateurs du BRS :

  • Acquérir et gérer du foncier à long terme,
  • Proposer aux ménages modestes une accession à la propriété sécurisée et abordable,
  • Garantir la mixité sociale dans des zones à très forte pression immobilière.

La Coop Foncière est portée par un groupement de coopératives HLM et de collectivités locales désireuses d’ancrer l’expérimentation OFS/BRS en pleine métropole francilienne. Dans la continuité de l’esprit collectif à l’origine du dispositif, elle réunit des sociétaires variés, tous motivés par la volonté d’innover pour le logement et d’endiguer la spéculation foncière.

En savoir plus sur notre gouvernance.

En quelques années, ces réalisations ont confirmé la pertinence de l’OFS : en définissant une nouvelle idée de la propriété, on ouvre durablement la voie à des trajectoires résidentielles plus justes, y compris au cœur des marchés tendus.

Avec La Coop Foncière, l’Île-de-France s’inscrit à son tour dans ce mouvement national, né d’une vision partagée d’une propriété moins spéculative et plus solidaire.

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